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Trek-Raquettes : Seiland 2009

Poster de l'expĂ©ditionPoster de l’expĂ©dition

La version non redimensionnée est dispo ici.

Seiland (Sami: Sievju) est une Ăźle localisĂ©e au sud-ouest de Hammerfest dans la rĂ©gion du Finnmark Ă  l’extrĂȘme nord de la NorvĂšge. L’üle est divisĂ©e en 3 municipalitĂ©s : Hammerfest, Alta et Kvalsund. Elle represente une surface de 559 kmÂČ, ce qui lui confĂšre le 8Ăšme rang en terme de superficie (de la norvĂšge continentale).

Ile du Seiland avec son parc naturelIle du Seiland avec son parc naturel

Mon pĂšre et moi avons choisi ce terrain de jeu polaire afin de passer 12 jours sur place en autonomie totale Ă  la conquĂȘte de deux sommets : le SeilandsjĂžkelen et le NordmannsjĂžkelen qui sont en fait deux glaciers culminant sur l’üle Ă  prĂšs de 1000m d’altitude.

Calendrier des activités en fonction des moisCalendrier des activités en fonction des mois

Comme on peut le voir sur le planning extrait d’une agence de tourisme locale, les activitĂ©s les plus adaptĂ©es en cette saison sont : la pĂȘche en mer, la vie des oiseaux, truites d’eau douce, la chasse aux phoques, le ski, plongĂ©e et motoneige.

Brochure touristique avec photos de Seiland l’étĂ©

MalgrĂ© la situation particuliĂšrement nordique de l’üle (71° lat nord), le climat de celle-ci n’est pas aussi hostile que celui des rĂ©gions beaucoup plus au sud (laponie par ex) car elle est bercĂ©e par le courant ocĂ©anique marin de l’atlantique nord qui lui confĂšre un adoucissement plus que notable des tempĂ©ratures. Les rĂ©gions plus au sud et plus Ă  l’est sont assujĂ©ties Ă  des climats ocĂ©aniques dĂ©gradĂ©s voir continentaux dont la rudesse du climat est bien diffĂ©rente !

Climat annuel en Seiland (au niveau de la mer)Climat annuel en Seiland (au niveau de la mer)

Maximums et minimum par moisMaximums et minimum par mois

On voit trĂšs bien sur la courbe annuelle comme sur la courbe des tempĂ©ratures du mois d’avril que nous avons choisi le mois de transition oĂč l’on passe des tempĂ©ratures nĂ©gatives aux tempĂ©ratures positives. Sur le terrain la rĂ©alitĂ© est impresssionante on passe de l’étĂ© Ă  l’hiver en un seul jour !! A partir du Samedi 18 avril la moyenne journaliĂšre des tempĂ©ratures est devenue positive. Pour ce qui est des prĂ©cipitations, nous avons eu droit Ă  29 des 33mm tombĂ©s en avril, quelle chance !!

Température et précipitations Avril 2009Température et précipitations Avril 2009

NĂ©anmoins les tempĂ©ratures indiquĂ©es concerne la station mĂ©tĂ©o de HakkStabben situĂ©e au bord de l’eau Ă  une altitude quasi nulle. Il faut compter un degrĂ© de moins pour 100m de dĂ©nivellĂ© gravi, ainsi le plateau demeure au moins 6 degrĂ©s plus froid et les gros sommets atteints perdent 8-9 degrĂ©s. A ceci il faut ajouter l’effet du vent, d’aprĂšs la mĂ©tĂ©o celui-ci a soufflĂ© au maximum vers les 60km/h soutenus. En prenant le cas de figure le plus dĂ©favorable que l’on ait eu, lorsqu’il faisait -10°C Ă  HakkStaben et -16 sur le plateau et que le vent soufflait Ă  60 km/h la tempĂ©rature ressentie Ă©tait donc infĂ©rieure Ă  -30°C. En moins de 30 minutes, dans ce cas de figure on peut subir des gelures. Sur les sommets la nuit, il doit pouvoir donc en thĂ©orie y rĂ©gner des tempĂ©ratures que l’on aurait ressenties comme Ă©tant de l’ordre de -40°C. De quoi relativiser les tempĂ©ratures dite “clĂ©mentes” de l’üle, malgrĂ© notre Ă©quipement prĂ©vu pour -30°C, nous avons pu ressentir le froid Ă  bien des moments.

Température ressentieTempérature ressentie

Climat à Hakkstabben : -2 à 2°C avec chute de 2mm de neige

Parés au départ

Ma compagne et moi avons rejoint mon pĂšre qui rĂ©side Ă  GuĂ©ret pour que l’on puisse effectuer la totalitĂ© du trajet ensemble. Les sacs ont Ă©tĂ© prĂ©parĂ©s la veille, mais quelques petites mises au point sont nĂ©cessaires pour Ă©viter que l’on rencontre un problĂšme de derniĂšre minute (genre refus de bagage arrivĂ© Ă  l’aĂ©roport : poids maxi atteint, encombrement, etc). Tout semble bon et la tension monte, on sent que l’impatience arrive Ă  son comble.

Climat à Hakkstabben : -4 à 0°C avec chute de 5mm de neige

9h du matin

GrĂšve de la SNCF, nous sommes obligĂ©s d’improviser un trajet en voiture jusqu’à Orly. VoilĂ  un sĂ©jour qui commence bien !!

19h20

Liste du matériel emporté

Notre avion dĂ©colle et nous voilĂ  en direction d’Oslo. En notre possession plus de 25 kg de bagages chacun : de quoi tenir 15j en totale autonomie. Nous verrons d’Oslo que l’aĂ©roport et le tarmac, enfin rien de bien rĂ©jouissant pour le moment. La nuit sera longue car la correspondance ne s’effectue que le lendemain, voilĂ  de quoi attiser notre impatience.

Paris -> Oslo en avion

Climat à Hakkstabben : -2 à 3°C avec chute de 3mm de neige

11h05

Passage devant le portique de dĂ©tection d’objets mĂ©talliques, nous portons aux pieds des chaussures Ă  coque plastique de plus d’un kilo par pied et notre accoutrement est des plus bizarres. On nous demande d’îter nos chaussures et de repasser sous le portique. Je n’avais pas pris l’avion depuis qu’on m’avait vissĂ© quelques grammes de mĂ©tal dans un os de la cheville, je m’interroge : ca va sonner ?! on va le savoir
 Mais rien ne se passa. Mes songes furent interrompus par un agent de l’aĂ©roport me demandant dans un anglais cacadĂ©mique : “Is there any organic parts in our laggages ?”. je rĂ©pond “yes” sans rĂ©ellement y avoir rĂ©flechi. L’agent ouvre mon sac et sort derechef un petit sac en plastique rempli d’une poudre blanche. Un fou-rire extraodinaire nous prend immĂ©diatement, stoppant toute communication. Heureusement un chien et un test chimique nous dĂ©douana de tout soupson : Non nous n’apportons pas de drogue en NorvĂšge.

Oslo -> Alta en avion

Nous repartons d’Oslo, notre halte sera de courte durĂ©e. Nous avons dĂ©jĂ  aperçu de la neige par le hublot, c’est plutĂŽt inquiĂ©tant car il nous reste encore 2000km Ă  parcourir vers le nord. En survolant la Laponie nous nous rendons compte de l’étendue de notre folie, presque aussi importante que la couche de neige qui recouvre ce paysage dĂ©coupĂ©.

13h05

ArrivĂ©e dans la ville nordique d’Alta, le spectacle est impressionant. Des quantitĂ©s Ă©normes de neige comblent des vallĂ©es escarpĂ©es. La piste d’atterrisage est courte et elle est localisĂ©e seulement Ă  quelques mĂštres de la mer de Barentz.

Plan centre alta

Plan Alta

Maintenant le temps nous est comptĂ©, nous avons une heure trente pour trouver de l’essence pour alimenter notre rĂ©chaud : pierre angulaire de notre subsistance.

Tarmac de l'aeroport d'AltaTarmac de l’aeroport d’Alta

Cela parrait ĂȘtre une tĂąche banale mais la progression dans la ville se fait dĂ©jĂ  dans la neige et nous ne connaissons en rien sa gĂ©ographie. Dans une station nous trouvons du pĂ©trole lampant, 2 bouteilles suffiront pour le sĂ©jour et notre rĂ©chaud n’est pas regardant quant au carburant.

Aéroport Alta

**15h55 **

DĂ©part de la station de bus “Alta Lufthavn” vers Storekorsnes par la ligne 115 ALTA - LILLE LERRESFJORD, un nom de bled imprononçable Ă  58km au nord-est de Alta. Nous dĂ©couvrons avec Ă©tonnement que le chauffeur de bus est aussi livreur, il assure la livraison des colis le long de la ligne de bus. Les fjords sont superbes, on entrevoit plusieures Ăźles sans distinguer celle qui nous accueillera bientĂŽt.

17h30

Fin de la longue et sinueuse route de bord de mer, nous arrivons dans ce qui semble ĂȘtre un port mais qui n’en a visiblement que le nom. Pas un bateau, de la neige partout et un vent glacĂ© qui vous coupe en deux. On se demande si on est au bon endroit, difficile d’imaginer une ligne rĂ©guliĂšre ici. Et pourtant quelques minutes plus tard plusieures personnes semblent se diriger vers l’embarcadĂšre dont la conception semble un peu “rustique”. Nous embarquons Ă  l’ancienne, le bateau ne s’amarre pas, il garde les moteurs Ă  fond pour plaquer le bateau sur des pneus de voiture qui jonchent le lourd ponton de bois. Deux hommes chargent le matĂ©riel avec une dĂ©licatesse qui frise l’hyperbole et nous sautons littĂ©ralement sur le bateau pour embarquer.

Embarquement Storekorsnes

18h00

Bateau vers HakkStabbenBateau vers HakkStabben

La traversĂ©e fut de courte durĂ©e (30min), et le dĂ©barquement trĂšs sioux, un homme lance les bagages et le bateau n’est toujours pas amarrĂ©. De grandes embardĂ©es nous projettent contre les parois du bateau pendant qu’un homme veille Ă  ce qu’on ne soit pas expulsĂ© par dessus le bord. En l’espace de deux minutes nous fĂ»mes dĂ©barquĂ©s sur la terre ferme avec perte et fracas. AprĂšs le dĂ©part du bateau nous rĂ©alisons que nous venons dans tout ce tumulte de perdre nos 2 bouteilles de notre prĂ©cieux carburant.

Débarquement sur Seiland à Hakkstabben

Nous voilĂ  sur l’üle, un moment indescriptible : MĂ©lange d’apprĂ©hension et de bonheur. Nous voilĂ  Ă  presque 71° de latitude nord, avec nos lourds sacs dans ce qui ressemble Ă  un village fantome. Nous devons trouver de l’essence : direction la seule Ă©picerie qui est Ă  cotĂ© du port, il n’y a que 5 ou 6 maisons, le reste est un vĂ©ritable dĂ©sert de neige.

Nous entrons dans l’épicerie visiblement tenue par un couple mais difficile de se comprendre. Nous obtiendrons 1 litre et demi d’essence en ayant prĂ©alablement procĂ©dĂ© Ă  de lourdes onomatopĂ©es pour tout language. Nous expliquons briĂšvement notre projet : Atteindre un des deux glaciers prĂ©sent sur l’üle et faire plusieurs sommets en raquette. Visiblement nos interlocuteurs semblaient trĂšs inquiets, nous proposant mĂȘme de dormir chez eux pour repartir le lendemain. Apparement personne n’avait eu la riche idĂ©e de faire l’ascension Ă  cette pĂ©riode “clĂ©mente” de l’annĂ©e.

18h30

Il neige encore et nous devons trouver un endroit oĂč poser la tente pour s’installer, seulement il est tard, et notre moral est un peu entammĂ© par la fatigue et par la vision de ce qui nous attend. Avec chacun nos deux sacs nous ne pouvons progresser longtemps sans raquette dans cette Ă©paisseur importante de neige. Aussi nous dĂ©cidons d’emprunter l’unique route cĂŽtiĂšre de l’üle (12km de long). Le long de cette route, il y avait quelques maisons Ă©parses Ă  grande proximitĂ© du bord de mer. Mais finalement pratiquement aucune d’entre elles n’était habitĂ©e : nous apprendrons par la suite qu’elles ne sont occupĂ©es que l’étĂ© ou presque. Pour Ă©conomiser le gaz nous devons essayer de trouver un accĂšs Ă  de l’eau libre (et douce)


19h30

AprĂšs 4-5 km de marche nous trouvons une cabane en bois bordant un lac. Bien Ă©videmment celui-ci est complĂštement gelĂ© mais il serait peut-ĂȘtre envisageable de casser l’épaisse couche de glace afin de prĂ©lever de l’eau. Nous plantons rapidement la tente et prĂ©parons le repas, un cours d’eau s’échappe du lac et coule vers la mer : une aubaine pour nous
 Le souvenir de ce premier repas comporte une forte charge Ă©motionnelle qui m’envahit encore quand je visionne la scĂšne.

Visiblement Ă  cette pĂ©riode de l’annĂ©e le jour tarde Ă  se coucher, en fait la nuit n’est jamais vraiment noire, ce qui sera Ă  notre avantage. Nous passerons une nuit chaude et agrĂ©able grĂące Ă  l’efficacitĂ© thermique de notre materiel de couchage.

Climat à Hakkstabben : -4 à 3°C avec chute de 3mm de neige

Sortie de tente

Ouf, que la brise matinale est fraĂźche. Nous prendrons un dĂ©jeuner Ă©clair car la tempĂ©rature extĂ©rieure n’est pas excessive. Nous sommes situĂ©s dans un couloir de vent qui provient de la mer et qui souffle en direction des sommets intĂ©rieurs. Pour notre premiĂšre journĂ©e, nous sommes encore un peu timides ! Aussi nous dĂ©cidons de prendre connaissance des bords de l’üle en empruntant la route (ou piste?) jusqu’à son terminus. Peut-ĂȘtre que cela nous permettra d’effectuer une reconnaissance de l’üle pour trouver les meilleurs pĂ©nĂ©trations possibles vers le centre de l’üle. En effet les fjords sont particuliĂšrement escarpĂ©s et l’accĂšs au centre de l’üle semble plutĂŽt difficile, cette difficultĂ© est accrue par l’absence totale de chemin et la quantitĂ© importante de neige prĂ©sente au sol.

Premier petit déjeuner

Ile du Seiland avec son parc naturelIle du Seiland avec son parc naturel

J’essaie de prendre quelques clichĂ©s de bon matin avec mon appareil photo mais la buĂ©e tient absolument Ă  gacher mon bon plaisir. J’apprend qu’en basse tempĂ©rature l’usage d’un appareil photo reste quelque chose de dĂ©licat.

Brochure touristique avec photos de Seiland l’étĂ©

Nous parcourons ainsi 8km vers le nord, en traversant ce que l’on pourrait qualifier de hameaux nordiques, des dizaines de maisons inhabitĂ©es Ă©parpillĂ©es un peu partout qui se succĂšdent. A notre stupeur, nous dĂ©couvrons qu’il y a une Ă©glise sur l’üle ainsi qu’une Ă©cole !!!

Embarquement Storekorsnes

Sur notre chemin nous rencontrons un homme habillĂ© d’une lourde veste. Visiblement il parle anglais, nous profitons de l’occasion pour lui poser quelques questions. Ses rĂ©ponses ne sont pas encourageantes. Il nous conseille de partir car la mĂ©tĂ©o devient mauvaise, il nous conseille de ne pas gravir la montagne et de ne pas marcher en dehors de la route !!! VoilĂ  de quoi nous saper le moral, enfin nous poursuivons notre trajet en gardant la tĂȘte haute.

Nous arrivons au bout de la piste, nous voyons d’ici le fond du fjord et la haute montagne en haut de laquelle le glacier demeure. 15 km nous sĂ©parent de celui-ci mais ce ne sera pas aujourd’hui que nous lancerons l’assault.

Il lui manque une corneIl lui manque une corne

Aussi nous retournons au camps, sur notre trajet un veillard nous invite Ă  boire le cafĂ© chez lui : nous acceptons. Il ne parle pas anglais et la discution est difficile. Son accueil est des plus chaleureux et il nous invite Ă  un vĂ©ritable festin avec du lait, du fromage et du pain
 Nous comprenons rapidement qu’il essaie de nous inciter Ă  Ă©viter la montagne et en particulier les glaciers.

19h00

De retour au camps, nous enfilons nos raquettes pour la premiĂšre fois afin de pratiquer l’ascension d’une petite colline de bord de mer. Mis en confiance par cette excursion, nous nous engageons dans une ascension cotĂ© nord-ouest vers la montagne. StoppĂ© par le nuit tombante nous nous arrĂȘterons Ă  150m d’altitude Ă  peine, un peu dĂ©sespĂ©rĂ©s. Pour l’instant nous restons vigilants et n’envisageons que de petites excursions. Nous dĂ©cidons de nous installer dans la cabane qui est juste Ă  cĂŽtĂ© de notre tente afin d’amĂ©liorer notre confort. Nous avons plus d’espace mais la tempĂ©rature y est plus faible que dans notre tente car le volume est plus important et le fond de l’air est frais.

Climat à Hakkstabben : -8 à -2°C avec chute de 3mm de neige

La cabane ou nous avons longuement séjournéLa cabane ou nous avons longuement séjourné

Nous avons dĂ©cidĂ© Ă  la lumiĂšre de la journĂ©e prĂ©cĂ©dente d’effectuer l’ascension du fjord par la face situĂ©e Ă  environ 2km au nord-ouest du campement. Cette neige de bord de mer a quelque chose de singulier, elle est particuliĂšrement poudreuse et lĂ©gĂšre : l’ascension risque d’ĂȘtre difficile.

Premiere ascension

Sortie de tente

Nous nous enfoncons ainsi Ă©normement dans cette neige lĂ©gĂšre pour nous frayer un chemin. Ce jour, nous atteindrons les 300m d’altitude non sans difficultĂ©s. Rien ne semble vĂ©ritablement encourgeant ! En plus de nombreux arbustes parsĂšment notre chemin formant des ponts de neige totalement indĂ©tectables.

Poster de l'expĂ©ditionPoster de l’expĂ©dition

Quand le climat est pas de la partie...Quand le climat est pas de la partie


Nous rencontrons la personne qui tient l’épicerie, visiblement ce grand gaillard assez costaud est trĂšs polyvalent puisque tous les jours il dĂ©neige la route avec un engin impressionnant. Il nous indique que la cabane est libre d’accĂšs et qu’il est possible pour nous de s’y installer, nous ne l’avions pas attendu mais cela nous rĂ©conforte : nous sommes chez nous !!!

Climat à Hakkstabben : -4 à 2°C avec chute de 2mm de neige

VoilĂ  nous avons pris notre rhyme de croisiĂšre. En fait il nous faut chaque jour monter un peu plus haut pour reconnaĂźtre un passage satisfaisant dans cette forĂȘt composĂ©e d’arbustes et de roches si titanesques que la neige n’avait pu les recouvrir. Notre visibilitĂ© permet de voir que jusqu’à 600m d’altitude et l’accĂšs semble particuliĂšrement abrupte dans des couloirs neigeux Ă  la stabilitĂ© douteuse.

Bord de fjord.Bord de fjord.

Mer et neigeMer et neige

Nous finirons la journée par une petite ballade en bord de mer avec son cÎté suréaliste ou la neige cotoie la mer.

Un climat parfois venteux

Climat à Hakkstabben : -4 à -1°C avec chute de 6mm de neige

La riviĂšre a disparuLa riviĂšre a disparu

Déjà 4 jours que nous sommes sur place, ouf les matins sont durs. On a froid en quasi permanence, dÚs que notre inactivité excÚde quelques minutes il devient préférable de se coucher.

Le plateau enfin !Le plateau enfin !

Parfois durant toute une journĂ©e la tempĂ©rature n’arrive pas Ă  devenir positive. Pour seul tĂ©moin de tempĂ©rature nous avons la neige que l’on traine accidentellement dans la cabane et qui refuse de fondre ainsi que nos poches Ă  eau qui demeurent dĂ©finivement gĂ©lĂ©es.

Derriere moi une sacrée falaiseDerriere moi une sacrée falaise

Finalement cela sera le grand jour, nous atteignons enfin le plateau qui est situĂ© vers les 600m d’altitude. Le relief arrivĂ© ici commence Ă  s’assagir et la progression est plus aisĂ©e. La neige devient plus Ă©paisse et assez portante et le panorama devient merveilleux, enfin nous y sommes !! Nous avons enfin trouvĂ© une voie d’accĂšs aux sommets aprĂšs plusieurs jours de reconnaissance relativement laborieux.

Un panorama ... polaireUn panorama 
 polaire

C’est une rĂ©ussite totale : le plateau est franchissable. Aussi aprĂšs mure rĂ©flexion, nous dĂ©cidons de rallier le sommet local de 800 mĂštres que le GPS nous annonce pas trop lointain.

Tarmac de l'aeroport d'AltaTarmac de l’aeroport d’Alta

La visibilitĂ© passĂ© 700 mĂštres est nulle, notre perte de repĂšre nous occassionne de nombreuses petites chutes, ne sachant plus si le relief monte ou descend. En effet aucun point de repĂšre n’est visible car tout est blanc aprĂšs 5 mĂštres. Nous sommes obligĂ©s de mettre en place une stratĂ©gie de pointage au GPS tout Ă  fait exceptionnelle. Le principe est simple, les deux Ă©quipiers doivent rester espacĂ©s du maximum de la visibilitĂ© (5 mĂštres ici). Celui en arriĂšre utilise le GPS et utilise son coĂ©quipier comme point de visĂ©e lui permettant ainsi de corriger en temps rĂ©el la trajectoire pour que celle-ci tende vers une ligne droite. Ce systĂšme nous permettra de progresser pendant 2 heures sans aucune visibilitĂ© et en Ă©vitant la falaise de 500 mĂštres qui surplombe la vallĂ©e parallĂšle.

Des étendues neigeuses sans finDes étendues neigeuses sans fin

Nous atteindrons le sommet qui nous offrira absolument aucune visibilitĂ©, Sur celui-ci est amarrĂ© un poteau en bois qui devait certainement ĂȘtre visible de loin par temps favorable (l’étĂ©).

Sommet 812Sommet 812

Arrivé au sommet 812m

Nous avons gagnĂ© une manche mais maintenant il nous faut redescendre 
 Nos traces de pas disparaissent trĂšs rapidement Ă  cause du vent violent et de ces chutes permanentes de neige. NĂ©anmois la nuit ne nous menace jamais vraiment, grĂące Ă  cette lumiĂšre quasi perpĂ©tuelle que nous fournit l’astre solaire.

Des haltes de durée limitéeDes haltes de durée limitée

Faible visibilité en redescanant

Encore une fois nous croisons notre ami, il s’arrĂȘte pour venir discuter. Cela tombe relativement mal car notre feu de poubelle a enfumĂ© totalement la cabane et c’est irrespirable : je crois qu’on ne rĂ©utilisera pas la cheminĂ©e tout de suite ! Il nous fait comprendre que nous sommes les bienvenus si nous voulons venir chez lui et nous rĂ©pondons positivement Ă  cette invitation : Un autre jour nous viendrons !!

Climat à Hakkstabben : -2 à 6°C

Notre installationNotre installation

Des paysages innoubliablesDes paysages innoubliables

Notre courage grandissant nous amĂšne Ă  prendre une dĂ©cision : Nous devons atteindre le glacier. L’objectif : Parcourir le fjord au nord de notre position pour biffurquer au 2/3 de celui-ci vers le glacier. Il nous faut parcourir 30km dans la journĂ©e et 900m de dĂ©nivellĂ© en raquette hors piste pour accomplir cette tĂąche. Nous commençons donc par le parcours de l’unique piste pendant 4-5 km en direction du nord.

Des mouettes ?Des mouettes ?

Le fond du fjordLe fond du fjord

Nous traversons le hameau de Altneset, et arrivons au bout de la piste. Les bateaux de pĂȘche nous offrent un spectacle sympathique et nous nous engageons pour longer le fjord.

La pĂȘche, la principale activitĂ© de l'ĂźleLa pĂȘche, la principale activitĂ© de l’üle

Aux abords de l’eau de nombreuses traces de carnivores sont prĂ©sentes, certaines de petites tailles font penser Ă  des chats ou renards, d’autres plus grosses laissent perplexes.

Soit disant il n'y a pas de carnivoreSoit disant il n’y a pas de carnivore

Petite blague des pĂȘcheursPetite blague des pĂȘcheurs

La progression est pĂ©nible mais nous arrivons Ă  l’endroit souhaitĂ©, nous sommes Ă  8km Ă  vol d’oiseau du glacier mais maintenant nous devons avaler 900m de dĂ©nivelĂ© dans une neige Ă©paisse et dans des pentes trĂšs inclinĂ©es. Nous abandonnerons vers 450m d’altitude et Ă  5km du glacier. A notre retour nous aurons parcouru 20 km de raquette en 9h30 ce qui constitua en raison des conditions un engagement physique certain.

Le poissons sĂšcheLe poissons sĂšche

Climat à Hakkstabben : 2 à 8°C

TĂŽt le matin nous partons direction HakkStabben, la ville qui hĂ©berge le port, la poste et l’épicerie de l’üle. Objectif : gravir le sommet de 600m qui surplombe le village et le lac qui alimente la centrale Ă©lectrique. Ce sommet est trĂšs abrupte, il semble difficile d’envisager son ascension par cette face mais pas totalement inimaginable.

Village port important de l'üleVillage port important de l’üle

Nous suivons d’abord la piste pour aller Ă  Hakkstabben, puis nous biffurquons en direction du sommet en passant devant la centrale hydroĂ©lectrique gĂ©rĂ©e par la mĂȘme personne qui dĂ©neige les routes et tient l’épicerie (avec qui nous ferons vraiment connaissance plus tard). ArrivĂ©s devant le lac qui alimente la centrale, nous devons traverser le barrage de façon dĂ©licate car les plaques de neige commencent Ă  se dĂ©liter. ArrivĂ©s au pied de ce petit sommet, nous comprenons que ses pentes sont trĂšs raides.

Sommet enneigéSommet enneigé

C’est le premier jour de rĂ©chauffement, les tempĂ©ratures sont positives et la neige fond partout ce qui ne nous aide pas vĂ©ritablement car nous marchons dans de la soupe. Des couloirs d’avalanche se forment partout et nous sommes finalement obligĂ©s vers la moitiĂ© de rebrousser chemin.

Sommet abrupte en bord de mer

On va pas tarder a faire demi tour, ca fond de partoutOn va pas tarder a faire demi tour, ca fond de partout

Sommet avec vue du continentSommet avec vue du continent

Sur le chemin du retour, nous repasserons a Hakkstabben et trainerons histoire de faire quelques clichés.

Port de HakkStabenPort de HakkStaben

Décidement encore une épaveDécidement encore une épave

Avant de repartir dans notre cabane nous nous interrogeons longuement sur la fonction du panneau en forme de cochon.

Encore un mystĂšreEncore un mystĂšre

*Climat à Hakkstabben : 0 à 7°C *

Matin

Ce matin tout va mal, mon ex-fracture du talus s’est rĂ©veillĂ©e et me fait souffrir, mon pĂšre a mal aux genoux et le vent dehors dĂ©cornerait un boeuf. On arrive mĂȘme pas Ă  mettre le nez dehors tellement la morsure du froid est pĂ©nĂ©trante. On perçoit des bruits de craquement Ă©manant de la cabane lorsque les rafales cessent de frapper, comme si tout reprenait sa place ! Enfin on va se taper une journĂ©e Ă  rien foutre au plumard quoi !! Ca fait bientĂŽt une semaine que l’on fait de l’exercice, un peu de repos sera honorablement mĂ©ritĂ©.

AprĂšs-midi

Gérard avait fait une découverte intéressante il y a quelques jours, un journal. Malheureusement écrit en Norvégien, il pique notre curiosité. Nous comprenons quelques mots et essayons de tirer des conclusions en fonction des dates : visiblement nous sommes dans un refuge ouvert et ce journal est laissé à la libre expression de ses occupants.

Carnet de la cabaneCarnet de la cabane

Nous nous rendons compte que son occupation en dehors de l’étĂ© reste anecdotique et surtout qu’elle est exclusivement gĂ©nĂ©rĂ©e par des pĂ©cheurs locaux : intĂ©ressant. Du coups nous cherchons Ă  comprendre la signification de plusieurs textes, la pencarte en forme de cochon que l’on trouve au bord de la route et le texte plastifiĂ© collĂ© Ă  la porte du refuge mais en vain. Le mystĂšre resta entier jusqu’à ce que 


Mystùre...Mystùre


Climat à Hakkstabben : 0 à 10°C avec chute de 2mm de neige

Lever un peu lent ce matin, je ressens de drĂŽle de vertiges qui m’obligent Ă  me dĂ©placer doucement. Je mange un peu et ça repart ! Une longue journĂ©e nous attend.

Objectif 812 mĂštres, un sommet un peu plus Ă©loignĂ© que notre dernier 800m mais situĂ© un peu plus au nord-est. Une trĂšs longue journĂ©e nous attend, nous sommes bien reposĂ©s et dĂ©cidĂ©s Ă  profiter de la journĂ©e climatiquement exceptionnelle qui s’offre Ă  nous. Nous engageons la “piste” habituelle que nous avons prĂ©cĂ©demment frayĂ©e jusqu’au plateau. La progression n’offre aucune surprise Ă  part peut-ĂȘtre une diminution notable de la neige nous permettant un dĂ©placement bien plus aisĂ©.

Quel réchauffement

Quand le brouillard est la, on sait plus ou on habiteQuand le brouillard est la, on sait plus ou on habite

Ca se dégageCa se dégage

Nous arrivons trĂšs rapidement au plateau, puis au premier sommet qui nous offrira cette fois une visibilitĂ© nulle. Sur le plateau la neige est toujours aussi dense et rien ne semble avoir changĂ©, j’imagine mĂȘme d’épais nĂ©vĂ©s en pleine Ă©tĂ© dans cette partie de l’üle constamment balayĂ©s par le vent.

Le 812m visibilité nulle

La pente nord du sommet est trĂšs raide et visiblement comporte une quantitĂ© non nĂ©glieable de neige et de glace, durant cette descente nous perdons toute visibilitĂ©, et le temps se dĂ©roula tel une Ă©ternitĂ©. Un poteau en bois qui ce coup-ci est encore en place indique le point culminant, ça y est nous sommes Ă  830m, la plus haute partie de l’üle que nous ayons atteinte. Une fois atteint ce point nous dĂ©cidons de descendre plus au sud-est pour passer prĂšs des grandes falaises afin d’atteindre le point culminant au sud de l’üle prĂšs de Hakkstabben oĂč l’on avait renoncĂ© par la face ouest.

Plus haute altitude atteinte

La descente s’annonce bien, et les falaises nous offrent un impressionant spectacle. Lorsque nous rejoignons le premier sommet vaincu (812m) nous avons cette fois-ci un panorama gigantesque.

Paysage chahutéPaysage chahuté

Maintenant il faut descendre par la face sud-est et longer les grandes falaises (500m au moins) en prenant la plus grande attention car les dénivellés sont fulgurants.

Panorama au 812m

Points de vue extraPoints de vue extra

Nous n’avons plus de rĂ©serve d’eau et la distance qui nous reste Ă  parcourir semble importante. Le soleil brille de milles-feux et le dĂ©gel est clairement entammĂ©, mais la montĂ©e par le nord se fait progressivement. AprĂšs plusieurs heures de marche, nous apprĂ©cions notre victoire sur la montagne prĂšs du kern gĂ©ant qui culmine au sommet. Nous pouvons contempler des zones jusqu’alors invisibles dont les fjords situĂ©s Ă  l’est de l’üle, mais le vent est violent et l’heure tourne nous envisageons de couper pour revenir au camps.

Sommet bord de mer

Le bateau est tjr la Ă  la mĂȘme heureLe bateau est tjr la Ă  la mĂȘme heure

Beaucoup de chemins sont infranchissables et finalement nous devons revenir au pied des grandes falaises pour suivre un diĂšdre gĂ©ant dans le creux d’une vallĂ©e. ArrivĂ©s en fond de vallĂ©e, nous contemplons le passage d’un navire Ă  contrejour soleil descendant, c’est a posteriori en regardant les photos que je me suis rendu compte que ce bateau Ă©tait dĂ©jĂ  sur une photo Ă  16:25 prĂ©cise, ce n’est pas un hasard !

La neige est molle...La neige est molle


Notre besoin d’eau est croissant et nous mangeons sans cesse de la neige, mais cela ne suffit pas Ă  etancher notre soif. Par bonheur les grandes fontes nous donnent accĂšs Ă  une grande quantitĂ© d’eau courante vers les 300m d’altitude.

Tu dis que t'as soifTu dis que t’as soif

A une heure de marche du camp, GĂ©rard chute et se coince assez durement le genou dans la neige. Nous apprendrons par la suite qu’il a Ă©tĂ© menĂ© Ă  dure Ă©preuve et qu’une ligamentopathie s’était installĂ©e. Pour finir, notre pĂ©riple se termine par le grand tour du lac que nous dĂ©couvrirons en dĂ©gel mais la couche de glace encore prĂ©sente malgrĂ© nos reticences pourrait encore bien tenir un vĂ©hicule (confirmĂ© par nos hĂŽtes le 25).

On fait les mariols

Climat à Hakkstabben : 2 à 8°C

Lever encore plus dur : les vertiges sont encore lĂ  mais ajourdh’ui c’est tranquille, nous avons dĂ©cidĂ© d’aller rendre visite Ă  notre ami. Ainsi nous rĂ©empruntons la “traditionnelle” piste vers Hakkstabben. Nous rencontrerons nombre de liĂšvres arctiques sur notre route comme si le climat plus clĂ©ment les faisait sortir de leur cachette.

LiĂšvre arctiqueLiĂšvre arctique

Nous croisons notre ami (Knut) et il nous propose trĂšs gentillement de prendre une douche dans sa deuxiĂšme maison (une maison de fonction prĂȘtĂ©e par l’organisme de la centrale hydraulique dont il s’occupe oui oui!!). Aussi nous sommes gĂ©nĂ©s mais nous acceptons. Quel moment intense de sentir cette eau brulante (vraiment brulante) aprĂšs avoir eu froid pendant 10 jours. Nous renfilons nos seuls vĂȘtement puants, prenant conscience alors de l’odeur que nous dĂ©gageons
hum.

Nous frappons Ă  la porte : notre ami est lĂ , il nous ouvre sa lourde porte en bois qui mĂšne dans un sas sur une autre porte. Nous enlevons nos chaussures d’astronautes et nous tombons Ă©merveillĂ©s par un intĂ©rieur dont le goĂ»t et le luxe semblent vraiment contraster avec l’hostilitĂ© du milieu. Une attention toute particuliĂšre est donnĂ©e au dĂ©cor comme au cotĂ© pratique. Nous faisons connaissance avec Linn la fille de Knut (notre seul contact rĂ©gulier durant le sĂ©jour). Heureusement elle parle l’anglais couramment et fera la traductrice (et moi aussi avec mon pĂšre qui n’aime pas particuliĂšrement la langue de shackspeare), nous sommes pressĂ©s d’obtenir la rĂ©ponse Ă  de nombreuses questions :

Y’a t’il des animaux marins genre phoques ? oui mais il est un peu tard dans la saison. Y’a t’il des baleines ? oui regarder il y en a une qui vient de passer, on voit les sillons en surface. Y’a t’il des moyens de subsistance sur l’üle ? Oui il existe une baie nommĂ© CloudBerry (il y a aussi blackberry) qui ne pousse que dans l’extrĂȘme nord de la norvĂšge et plus particuliĂšrement sur cette Ăźle. Sommes nous les seuls touristes Ă  venir sur l’üle en cette saison ? Oui mais un jour des anglais (ou Ă©cossais ma mĂ©moire me fait dĂ©faut) sont venus avant l’étĂ© en canoe kayak. Avez vous moyen de cultiver ? Oui sous serres quelques lĂ©gumes. Souffrez vous du manque de lumiĂšre l’hiver
etc ce fut une myriade de questions qui nous vinrent Ă  l’esprit.

Mais les questions furent rĂ©ciproques, et nous passons ensuite Ă  un petit 16h00 norvĂ©gien avec dĂ©gustation d’alcools locaux (alcool de CloudBerry). Le quatre heure fut pantagruelique : fromage gras tout gris trĂšs fort dont j’ai oubliĂ© le nom, lait concentrĂ©, fromage en tube, oeufs durs, charcuterie, lait 
enfin un vĂ©ritable rĂȘve !! Les norvĂ©giens mangent bien et c’est bon !!! Nous sommes vraiment ravis de ces Ă©changes et pensons que tout cela clos vraiment d’une belle façon notre sĂ©jour finissant. Nous Ă©changeons nos adresses de courriel. Lynn nous explique qu’elle rentre demain chez elle et qu’elle doit prendre le bateau, je pense qu’elle veut qu’on l’accompagne et nous acceptons avec plaisir. Elle nous emmenera Ă  l’aĂ©roport en voiture : super !! Nous finissons par un chaleureux au revoir.

Habitat typique **Habitat typique **

Nous repartons vers le campement le coeur chaud et le corps propre (enfin presque). Quelques petits dĂ©tours nous amĂšnent Ă  dĂ©couvrir des maisons isolĂ©es non habitĂ©es en ruine ou habitĂ©es Ă  la belle saison. Petit dĂ©tour vers la mer que nous contemplons avec le coeur un peu pincĂ©, en imaginant que c’est peut-ĂȘtre la derniĂšre fois que nous foulons cette terre.

La tuture de la mortLa tuture de la mort

J’immortalise la scĂšne mais l’appareil s’éteint brusquement car les batteries sont Ă©puisĂ©es : dommage ! Nous prenons nos derniers repas, d’ailleurs nous nous rendons compte qu’il ne reste plus grand chose (3 soupes et un demi soucisson plus quelques broutilles mais plus grand chose de sucrĂ©). AprĂšs avoir lu (relu) le science et vie numĂ©ro spĂ©cial “Le systĂšme solaire”, direction le lit !

Climat à Hakkstabben : 0 à 6°C

Matin

Ce coup-ci c’est sĂ©rieux, je tiens difficilement debout et je n’arrive plus Ă  manger (il n’y a plus grand chose de toute façon). Je m’inquiĂšte pour le trajet Ă  pied avec les sacs car je ne suis plus sĂ»r d’y arriver. Nous nous prĂ©parons quand mĂȘme Ă  partir, le temps semble s’ĂȘtre ralenti. Nous ne souhaitons pas sortir car trop fatiguĂ©s et nous n’arrivons plus Ă  nous occuper, nous avons lu 10 fois toutes les lignes de tous nos livres et feuillets et autres distractions.

15h00

Quelques heures plus tard nous croisons notre ami en voiture qui nous aide Ă  charger pour nous accompagner directement a Hakkstabben. Ouff je suis “sauvĂ©â€. Nous rejoignons Lynn sur le port et Ă©changeons nos derniĂšres impressions. Nous sommes abasourdis par les dimensions et le luxe du bateau qui vient d’arriver, il n’est en rien ressemblant Ă  celui qui nous a amenĂ© ici. Lynn nous explique que c’est la navette “d’étĂ©â€, car le nombre de personnes Ă  partir de maintenant qui vont transiter sur l’üle est beaucoup plus important. Effectivement on voit qu’une grosse vingtaine de personnes sont dĂ©jĂ  Ă  bord !! De surcroit le bateau est mis Ă  quai et une passerelle est deployĂ©e pour nous permettre d’y rentrer, moi qui avec mes vertiges avait un peu peur d’un embarquant Ă  l’arrache.

16h25

Embarquement tranquille, Lynn nous aide à communiquer et nous payons trÚs maladroitement notre traversée qui fut sans histoire aucune.

17h05

DĂ©barquement sur le continent, nous chargeons nos bagagges dans la voiture de Lynn, nous ne nous sommes toujours pas compris mais en fait elle nous emmĂšne chez ses parents et oui car en plus de leur habitation sur Seiland ils disposent d’une maison sur le continent prĂšs d’Alta.

18h30

ArrivĂ©s chez les parents de Lynn, surprise elle nous prĂ©sente sa maman que l’on connait dĂ©jĂ  : nous l’avions rencontrĂ©e le premier jour dans l’épicerie sur Seiland. Une grande conversation s’impose et nous Ă©changeons cette fois des opinions politiques. Mon pĂšre peu habile en langue anglaise prend parti Ă  la conversation en comprenant Ă  ma grande surprise l’issue du dĂ©bat. La maman de Lynn nous prĂ©pare un repas typique, et l’odeur me donne une faim sauvage.

19h00

Le repas est succulent, les mets raffinĂ©s et diversifiĂ©s et de surcroit parfaitement Ă©quilibrĂ©s. Nous en sommes impressionnĂ©s une fois de plus par leur cuisine qui semble si sembable Ă  la notre en bien des points. Nous sommes aux anges et je ne peux contrĂŽler ma gourmandise qui m’oblige Ă  me reservir de nombreuses fois.

20h00

Derniers Ă©changes suivis d’une visite d’Alta by night en voiture. Nous dĂ©couvrons une ville nouvelle qui possĂšde une natalitĂ© galopante et une expansion qui ferait rever les dĂ©tracteurs de nos plus grandes mĂ©tropoles. Tout y est prĂ©sent, une ville d’une quinzaine de millers d’habitants avec un IUT, un aĂ©roport, un port et j’en passe. Tout est neuf, tout est grand, tout est beau : leur niveau de vie n’est pas le mĂȘme que le nĂŽtre et c’est maintenant une Ă©vidence. Tout bon “nordiste” possĂšde un chalet, une automobile, une motoneige, une cabane ou plusieurs dĂ©pendances, un bateau !!!! C’est une ballade assez instructive sur la façon de vivre dans le nord.

Nos hotes (Lynn & Sa mĂšre)Nos hotes (Lynn & Sa mĂšre)

Dodo chacun dans une chambre séparée, quel luxe, quelle nuitée !!

Climat à Hakkstabben : 0 à 4°C

8h00

Un lever avec une sacrĂ©e tĂȘte dans le cul, pas l’habitude d’avoir des horaires fixes, on se lĂšve quand on ne veut plus dormir habituellement. Nous devons dĂ©carer tĂŽt car Lynn doit aller Ă  l’école. Elle nous dĂ©pose Ă  l’aĂ©roport et repart. Gros glandage Ă  l’aĂ©roport, Ă©criture de cartes postales, repas et discussions occupationnelles routiniĂšres.

13h35

DĂ©collage pour Oslo. C’est un petit aĂ©roport mais apparemment le nouveau qui se crĂ©e Ă  cotĂ© est beaucoup plus imposant.

Départ Alta

Vu avion Alta

ArrivĂ©s Ă  Oslo nous nous rendons compte que les dĂ©lais d’embarquement sont Ă©levĂ©s et que notre prochain avion qui fait la correspondance avec Paris nous laisse moins de 2 heures : c’est quasi impossible !! Aussi nous faisons modifier notre billet pour partir Ă  16h20 mais le lendemain. Quel bonheur nous voilĂ  dans un aĂ©roport en transit pour plus d’une journĂ©e Ă  glander.

Nuit

Sans histoire sur les banquettes d’une terrasse de cafĂ©. La mĂȘme qu’à l’aller, mais en moins froid : peut-ĂȘtre une habitude qui s’installe !

Climat à Hakkstabben : 2 à 6°C

Matin

Glandage


J’attendais ce moment depuis longtemps, celui du petit dĂ©jeuner. En effet ces croissants norvĂ©giens sont excellents, ils sont ornĂ©s de petits bouts de chocolat et sont particuliĂšrement croustillants. C’est amusant pour un français de voir que toutes les viennoiseries sont en libre accĂšs et qu’il faut se servir. Ce genre de systĂšme en France serait condamnĂ© d’avance avec un vol systĂšmatique de la marchandise !!! On constate aussi que l’aĂ©roport est d’une propretĂ© sans Ă©gale et que les gens sont trĂšs respectueux.

Art contemporain

16h20

DeuxiĂšme et dernier avion avant notre retour dans notre pays bien aimĂ© (tout de mĂȘme). Voyage ponctuĂ© par une fatigue grandissante et une certaine lassitude du transport.

Trops nazes

18h45

Nous voilĂ  Ă  Orly, lĂ  on voit qu’on est en france. L’aĂ©roport pue, il est trĂšs sale et il y a toujours une quantitĂ© de vomie ou de gras autour des poubelles et les escalators sont en panne : tout est normal ! Direction Orlyval, puis RER pour Montparnasse.

20h00

Arrivés à la Gare Montparnasse. Nous regardons les trains et embarquons dans le premier venu quelques heures plus tard.

Train de nuit

21h56

Nous entrons dans le train pour effectuer notre dernier trajet (significatif).

Climat à Hakkstabben : 2 à 7°C

1h20

ArrivĂ©s Ă  Limoges, et retrouvailles avec Aline qui nous conduit en voiture jusqu’à GuĂ©ret. Ouf que d’émotions !!

On a l'air de rienOn a l’air de rien

3h00

Nous voilĂ  Ă  la maison ! Maintenant repos.

Le 2009-05-20