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Urbex : Catacombes de Paris 2012

ProgrammĂ©e et attendue depuis l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du 19 novembre, la sortie “Catacombes de Paris” s’est dĂ©roulĂ©e du vendredi 20 au dimanche 22 janvier 2012. La sortie est ouverte pour six participants, aprĂšs quelques modifications dans la composition de l’équipe : nous avons tous Ă©tĂ© au rendez-vous. Parmi nous Thierry M., Thierry & Didier C., Aline P., Vincent M. et Nicolas H. pour l’(des)organisation.

Notre objectif bien mal connu du grand public comporte dĂ©jĂ  dans son intitulĂ© des termes inadĂ©quates. Les “Catacombes de Paris” dĂ©crivent en fait les vides souterrains et les carriĂšres de Paris dans lesquels ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ© durant le 19Ăšme siĂšcle des ossements de l’ancien CimetiĂšre des Innocents.

Trajet dans les catasTrajet dans les catas

Nous allons donc faire la visite de ses vides souterrains qui ont Ă©tĂ© reliĂ©s mĂ©thodiquement au fil des annĂ©es par leurs usagers et consolidĂ©s et vĂ©rifiĂ©s par l’inspection gĂ©nĂ©rale des carriĂšres. Cet organisme créé en 1777, a pour vocation d’assurer la sĂ©curitĂ© en surface comme en sous sol, pour arriver Ă  ses fins elle procĂšde Ă  la confortation du ciel de carriĂšre par des ouvrages variĂ©s (des piliers tournĂ©s jusqu’aux injections de bĂ©ton). Depuis 1955, un arrĂȘtĂ© municipal interdit Ă  toute personne non autorisĂ©e par les autoritĂ©s compĂ©tentes de s’aventurer dans les carriĂšres sous Paris. MalgrĂ© cela Ă  partir des annĂ©es 60, les catacombes sont les lieux de nombreuses fĂȘtes et divertissements. Durant les annĂ©es 80, l’accĂšs aux carriĂšres de Paris s’est largement banalisĂ© et la frĂ©quentation devient trĂšs importante : les 300 entrĂ©es du rĂ©seau ont Ă©tĂ© fermĂ©es par le maire de Paris. En mai 2004, la FĂ©dĂ©ration française de spĂ©lĂ©ologie a proposĂ© une action de nettoyage au ministĂšre de la Jeunesse et des Sports, qui l’a retenue pour son opĂ©ration « PlanĂšte propre » ; l’action a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par une centaine de spĂ©lĂ©ologues dans les carriĂšres de la rive gauche. Il faut savoir que les catacombes sont aujourd’hui menacĂ©es par la sur-frĂ©quentation qui pollue et dĂ©grade de façon importante le rĂ©seau. D’autre part les injections de bĂ©tonite, de sable et de rĂ©sidus industriels dans le rĂ©seau afin de le consolider Ă  moindre frais provoquent la disparition de nombreuses galeries ou de pans entiers du rĂ©seau qui ne sont plus accessibles ou raccordĂ©s.

Une équipe aux grandes oreillesUne équipe aux grandes oreilles

Nous nous rejoignons Ă  Tulle sur le parking de la tour administrative vers 18h. Nous partirons tous dans le Scudo de Thierry pour monter dans la rĂ©gion parisienne. AprĂšs une petite halte pour manger sur une aire d’autoroute, nous dĂ©couvrons l’attrait extraordinaire du repas de Thierry M : 4 sandwiches achetĂ©s Ă  la Mie Caline pour 40h sous terre !!! DĂ©jĂ , il en a consommĂ© un, ouf ça va ĂȘtre serrĂ© pour la suite. AprĂšs 4-5h de trajet, nous arrivons Ă  Orsay-ville, nous y laisserons notre vĂ©hicule pour emprunter le RER B en direction de Denfert Rochereau. Avant le changement de vĂ©hicule on doit aussi opĂ©rer au changement de vĂȘtements, ce qui nous prend quelques minutes. Le timing est serrĂ© mais nous arrivons pile au bon moment Ă  la gare. ArrivĂ©s Ă  Denfert, nous feignons le parisien pressĂ© avec bien peu d’éloquence : nous ne semblons pas assez stressĂ©s et notre accoutrement frise le ridicule. Casques, bleus de travail, bottes ou bottines et sherpa spĂ©lĂ©o; nous avons l’air d’égoutiers terminant leur dure journĂ©e de labeur. Thierry M. porte bien l’habit et nous fait trĂšs largement penser Ă  l’ingĂ©nieur de l’IGC en tournĂ©e. Quelques stations de mĂ©tro plus tard, nous voilĂ  prĂšs du but, il est dĂ©jĂ  23h et il est temps pour nous de passer aux choses sĂ©rieuses.

Nous marchons sereinement dans la rue, quand soudainement je saute et grimpe sur un mur ornĂ©e d’un joli barreaudage. Ce mur dans le prolongement du parapet d’un pont surplombe l’ancienne voie ferrĂ©e de la petite ceinture dĂ©saffectĂ©e depuis les annĂ©es 40. Nous franchissons tous l’obstacle et certains sont dĂ©jĂ  pressĂ©s de savoir ce qu’il se cache aprĂšs cette voie ferrĂ©e. Nous marchons d’un bon pas, et de façon (relativement) silencieuse en direction d’un tunnel. Nous ne sommes pas seuls, ce qui trahit une affluence souterraine Ă  venir non nĂ©gligeable. AprĂšs 5 minutes, nous arrivons devant un trou entourĂ© de dĂ©tritus : d’un signe de mains je leur indique l’entrĂ©e des catacombes. A peine ai-je eu le temps d’enfiler mes chaussons nĂ©oprĂšne, que les Thierry’s se sont dĂ©jĂ  engouffrĂ©s dans la brĂšche (au sens propre, enfin pour le moment).

Il est minuit, nous faisons nos premiers pas dans les galeries humides et enfumĂ©es des “Katas”. En suivant le boulevard Jourdan (celui du dessous), nous allons en direction de la salle du BĂ©lier et du Viandox. Nous passons devant la mosaĂŻque rĂ©alisĂ©e en l’honneur du dĂ©part Ă  la retraite de JC Sarrate, puis devant la seule concrĂ©tion valable du rĂ©seau. Thierry M. est servi !! Ici c’est les formes de galeries qui comptent : point de concrĂ©tions !! Nous voici dans la salle du BĂ©lier, nous profitons pour faire une petite pause en contemplant des travaux de sculpture dans le calcaire qui avaient du ĂȘtre rĂ©cemment saccagĂ©s.

Les sacs sont lourds et l’envie de biĂšre se fait sentir, Thierry M. nous le rappelle rĂ©guliĂšrement. Nous partons donc en direction des salles les plus frĂ©quentĂ©es du rĂ©seau (Plage, Cellier) afin de faire taire les instincts primaires qui nous assaillent (je parle bien de la soif). Je prĂ©conise le passage par Banga, une rue remplie de pas loin d’un mĂštre d’eau parsemĂ©e de pierres au fond de l’eau. Le passage est sympathique et tout le monde semble content de voir que c’est humide les catas. AprĂšs ce passage, nous emprunterons un passage bas dans la chatiĂšre de sable avant d’entrer Ă  la plage. 2 groupes sont prĂ©sents et la salle grouille de monde. Nous en profitons pour vider quelques biĂšres en discutant et un cracheur de feu nous fera une ardente prestation de son talent. Les groupes se sĂ©parent et nous voilĂ  partis pour une visite du cellier


Le cellierLe cellier

Thierry C. qui a suivi scrupuleusement les consignes (celle concernant les vieux vĂȘtements), a dĂ©jĂ  quelques petits soucis avec ses semelles de chaussures. Peut-ĂȘtre un peu trop usagĂ©es ces chaussures, espĂ©rons qu’elles vont tenir ?!. En partant en direction du Nord du rĂ©seau, nous croisons sur Bezout, un groupe que nous invitons Ă  se joindre Ă  nous pour une petite visite. Nous passons ensemble devant le bunker FFI, quartier gĂ©nĂ©ral de l’IGC puis nous allons visiter la crypte; une salle dont les murs sont ornĂ©s de sculptures. L’alcool commence Ă  monter et mes capacitĂ©s de guide commencent Ă  dĂ©cliner sĂ©rieusement. Au bout d’une heure de discution infertile dans le cabinet minĂ©ralogique avec une jeune fille Serbe dont le seul atout rĂ©side en son taux d’alcool dans le sang, le groupe (sans mon avis) dĂ©cide de partir pour parcourir la rue Saint Jacques. Je commence Ă  tituber et l’inquiĂ©tude se fait sentir dans le groupe que l’on guide, cĂŽtĂ© spĂ©lĂ©o : tout est normal, Niko est comme d’habitude. Nous entrons par une chatiĂšre dans le Val de GrĂące, et le sommeil m’emporte toutes les 5 minutes, en obligeant des pauses rĂ©guliĂšres. La rĂ©gurgitation n’est pas loin, mais maitrisĂ©e pour le moment. Le val de GrĂące, alias VDG (sous l’hĂŽpital) est connu pour ĂȘtre paummatoire


Une biĂšre de tropUne biĂšre de trop

J’en profite pour dormir une vingtaine de minutes. Nous arrivons tant bien que mal Ă  la salle de la musique (une premiĂšre fois) je reprends le guidage pour retourner encore une fois au mĂȘme endroit. Le rĂ©cit sera plus concis durant cette pĂ©riode, car n’ayant pas eu souvenir de cette partie de la visite. Nous ressortirons par l’escalier en colimaçon qui donne sur la rue Ursuline. Petit arrĂȘt la tombe de Philibert qui est mort de n’ĂȘtre pas ressorti, je le rappelle avec bienveillance Ă  nos amis que nous guidons !!! AprĂšs quelques merdoiements mineurs, nous nous sĂ©parons Ă  l’entrĂ©e de la Rue Bara et nous restons entre spĂ©lĂ©o. AprĂšs le franchissement d’une chatiĂšre bien boueuse, nous arrivons Ă  l’Anchluss pour faire notre nuit. Thierry a maintenant des chaussures Ă  moustaches ! AprĂšs une collation rapide, nous entamons une petite nuit : il est 7h du matin.

Aline contemple les tagsAline contemple les tags

LevĂ© 12h, je suis frais comme un gardon (un petit). Aline aussi est levĂ©e mais autour de nous ça ronfle encore. On s’empresse donc de faire du bruit. Thierry C. sort les gamelles et prĂ©pare le petit dĂ©jeuner. Lui n’a pas suivi les consignes et il trimballe de quoi nourrir un rĂ©giment ce qui ne dĂ©plait pas Ă  “Charmant” qui est venu avec sa bite et son couteau (pour le couteau, pas sur
).

Tout le monde n’a pas qu’un sandwiche de la mie calineTout le monde n’a pas qu’un sandwiche de la mie caline

AprĂšs avoir contemplĂ© la fontaine des chartreux, nous partons en direction du Bunker allemand et de l’abri de Pharmacie. Puis nous voilĂ  partis vers la salle de “l’apĂ©ro”
 Dans ce secteur nous essaierons de trouver le double cabinet minĂ©ralogique qui n’est plus accessible depuis 2009.

Vincent dĂ©couvre qu’il y a des obstaclesVincent dĂ©couvre qu’il y a des obstacles

Nous rampons à droite, à gauche en recherche de cette salle. Vincent partira en solo dans une partie étroite du réseau mais sans résultat. Epuisés par nos inutiles contorsions, nous faisons une pause et abdiquons.

Il y a encore des galeries préservéesIl y a encore des galeries préservées

Nous repartons en direction du carrefour des morts par le boulevard Montparnasse. Petit arrĂȘt au Bureau du centre pour y dĂ©couvrir les premiers ossements humains. Puis nous descendrons au 2Ăšme sous sol afin de voir des galeries peut ĂȘtre plus prĂ©servĂ©es.

Puit a échelonsPuit a échelons

AprĂšs quelques minutes nous remontrons par des Ă©chelons, Didier et Vincent ravis par ce spectacle continuĂšrent jusqu’au prochain escalier. Nous voilĂ  aux premiers ossuaires, Didier joue aux playmobils avec les ossements afin de reconstituer 
 je ne sais quoi. Par un petit dĂ©tour dont j’en garde le secret, nous nous dirigeons vers le cabinet minĂ©ralogique Ă  nouveau. Petite pause dĂ©jeuner dans la salle des Cubes, Thierry ne mangera pas de sandwiche de la Mie Caline
Bizarre !! AprĂšs notre halte, nous reprenons notre chemin vers la Galerie des Promos, une galerie avec des fresques exĂ©cutĂ©es rituellement par les Ă©tudiants de l’école des mines chaque annĂ©e depuis 1986 et ce, jusqu’en 2009.

Didier en plein effortDidier en plein effort

Ceux-ci avaient une autorisation permanente d’entrĂ©e dans les catacombes. Il est temps de rentrer direction l’Anchluss. A l’entrĂ©e de la chatiĂšre qui y conduit, un dĂ©saccord nĂ© ! Les Tiery’s et Vincent ne veulent pas ramper dans la boue (c’est des spĂ©lĂ©os oui ou merde ?). Ainsi nous voilĂ  sĂ©parĂ©s en 2 groupes de 3 alors que nous Ă©tions Ă  2 minutes de l’arrivĂ©e.

Pause déjeunerPause déjeuner

Nos 3 dissidants prenant un dĂ©tour, et, grĂące Ă  ce dĂ©tour puis Ă  300m de zone humide oĂč flottent les rats creuvĂ©s, ils perdront 10 minutes et seront un peu moins sales. Le repas du soir sera marquĂ© comme toujours par la diversitĂ© de mets apportĂ©s : Mie caline inutile pour les uns; soupes chinoises, croutons, fromage, saucisses et biĂšre pour les autres. Arf, on partagera quand mĂȘme.

Bilan du parcoursBilan du parcours

C’est notre derniĂšre soirĂ©e, on s’énerve en mettant toutes nos bougies disponibles. Le marchand de sable passe..Durant la nuit C4, Chapeaudepay (dĂ©jĂ  croisĂ© lors d’une autre visite) et je ne sais qui sont venus nous rendre visite.

La rencontre du 3Ăšme typeLa rencontre du 3Ăšme type

AprĂšs une courte nuit de 12h, nous voilĂ  enfin prĂȘts Ă  affronter les Ă©vĂšnements. Tout le monde semblait rĂ©veillĂ© mais personne ne bougeait. Petit dĂ©jeuner copieux
 Pour mettre tout le monde d’accord je choisis une sortie ni humide, ni boueuse; et nous voilĂ  partis en direction de la plage.

ChatiĂšre vers le bunker allemandChatiĂšre vers le bunker allemand

Voyage sans histoire si ce n’est que Thierry semble toujours trĂšs inquiet pour ses chaussures. Nous ferons un petit tour Ă  la salle du Commandeur dont on nous avait ventĂ© les mĂ©rites l’avant veille. 4 personnes y rĂ©sidaient dĂ©jĂ  dont une femme qui lisait en fumant je ne sais quoi. Nous ramassons quelques ordures Ă  la plage et nous recroisons la femme qui lisait. Au final encore quelqu’un que j’avais dĂ©jĂ  croisĂ©, ces lieux sont frĂ©quentĂ©s essentiellement par des habituĂ©s. AprĂšs moult merdages liĂ©s Ă  des modifications non portĂ©s sur le plan, notre trajet normalement prĂ©vu pour ĂȘtre court nous fera passer dans l’eau au dĂ©triment de certaines volontĂ©s. La sortie fut sans histoire aucune.

Une sortie discrĂšteUne sortie discrĂšte

ArrivĂ©s dehors, nos yeux semblent avoir Ă©tĂ© trop longtemps dans l’obscuritĂ©. Nous sommes sales et avons un look vraiment particulier. Nous regrimpons sur le mur et nous voilĂ  Ă  nouveau en ville. Un passant nous fait remarquer qu’on est des cataphiles : trĂšs observateur de sa part car personne ne s’en serait doutĂ©. Nous profitons de la proximitĂ© des poubelles pour nous dĂ©lester un peu. Thierry souffle car ses chaussures ne l’ont pas trahi. Vincent semble satisfait d’ĂȘtre dehors et un peu impatient de rentrer. Dans le mĂ©tro, nous ferons quelques photos pour immortaliser notre look. Grosse sĂ©ance de dĂ©shabillage devant le Scudo Ă  Orsay, ça y est nous avons Ă  nouveau une allure humaine. Rien de mieux que de marcher dans une grosse merde de chien avant de prendre la route pour 5h. Nous rentrerons doucement vers Tulle en respectant scrupuleusement la signalisation routiĂšre.

Les fameuses chaussures a "moustaches"Les fameuses chaussures a “moustaches”

Voir ici pour compte rendu de ma premiĂšre descente.

Votre guide toujours sobre,

Nico le Dahut

Le 2012-04-24