Urbex : 34 Heures dans les catacombes 2010
Urbex : 34 Heures dans les catacombes 2010
Section titled âUrbex : 34 Heures dans les catacombes 2010âPrĂ©sentation
Section titled âPrĂ©sentationâ
Poster de la sortie
Les Catacombes
Les carriĂšres souterraines de Paris sont un ensemble dâanciennes carriĂšres souterraines reliĂ©es entre elles par des galeries dâinspection. Elles sont constituĂ©es sous Paris intra-muros de trois rĂ©seaux principaux (le plus grand appelĂ© GRS (grand rĂ©seau sud) sâĂ©tend sous les Ve, VIe, XIVe et XVe arrondissements, le deuxiĂšme sous le XIIIe arrondissement et le dernier sous le XVIe) et de multiples autres rĂ©seaux et abris (XIIe, XIIIe, XIVeet XVIe arrondissements par exemple). Lâensemble reprĂ©sente une longueur dâenviron 280 kilomĂštres. La frĂ©quentation de ces carriĂšres est interdite par un arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral du 2 novembre 1955, et punie dâune amende de 35âŹ. Une petite partie (environ 1,7 kilomĂštre), constitue les catacombes de Paris, appelĂ©e Ă©galement ossuaire, et sont officiellement visitables place Denfert-Rochereau, dâautres « ossuaires » existent dans le GRS.
Un reportage a Ă©tĂ© diffusĂ© sur M6 dans le courant de lâannĂ©e 2009 : âLes cataflicsâ. PassionnĂ© de spĂ©lĂ©ologie et pratiquant hebdomadaire, je suis intriguĂ© par le monde souterrain au sens large. Je me suis demandĂ© sâil Ă©tait possible de transposer mon expĂ©rience du monde spĂ©lĂ©o aux carriĂšres de Paris. De son cotĂ©, mon pĂšre a visualisĂ© le mĂȘme reportage avec la mĂȘme curiositĂ©. Durant lâexpĂ©dition Maroc 2010, nous avons alors dĂ©cidĂ© que nous tenterions une aventure catacombesque aussitĂŽt que possible câest-Ă -dire deux semaines plus tard. Il faut savoir que lâaccĂšs aux carriĂšres de paris est strictement interdit et quâil est surveillĂ© par lâIGC (depuis 1777) et la police (surtout depuis les annĂ©es 80 Ă cause de la surfrĂ©quentation).
âLes cataflicsâ
Préparation
Câest par le biais dâune liste de diffusion dĂ©diĂ©e Ă la spĂ©lĂ©ologie que nous accĂ©dons Ă toutes les informations nĂ©cessaires. Un cataphile (aussi spĂ©lĂ©o) nous rĂ©pond et nous conseille, il nous communique plan, recommandations et situation des entrĂ©es. En quelques courriels nous nous faisons une idĂ©e de ce que reprĂ©sente ce monde un peu Ă part.
Un peu de surf sur le net nous donne quelques images et le site www.explographies.com nous Ă©claire sur lâhistoire et nous donne une vision âartistiqueâ de la cartographie des catacombes (plan Nexus). Un peu surfait (animations flashâŠ) et fantaisiste sur certains aspects, il nous donnera tout de mĂȘme des informations valables.
Jeudi 17 juin 2010
Section titled âJeudi 17 juin 2010âau soir
Finalement, pas grand chose à préparer :
- Quelques sandwiches pour 36h (durée initialement prévue)
- la combinaison de spéléo (pourtant déconseillée)
- Casque spéléo avec piles de rechange et frontale de secours
- Kit de spéléo
- Plan Despé 2006 Format C0 + Plan Nexus Format A3 dans protÚge carte
- Duvet/Sac Ă viande et matelas autogonflant
- Bougies pour lâĂ©clairage le soir
- 3 litres dâeau et 1L de vin rouge
- Chaussons néoprÚne et botines
- Reflex numérique & Flash esclaves
Il nous fallait aussi nous fixer des objectifs concrets :
- |La plage, le cellier, la salle des huĂźtres|
- |Le cabinet minéralogique|
- |Le bunker sous le lycée montaigne|
- |Le Val-de-GrĂące|
- |Le carrefour des morts & ses ossuaires|
Vendredi 18 Juin 2010
Section titled âVendredi 18 Juin 2010â16h00
Débauche anticipée negociée au préalable avec mon employeur. Train de Tulle vers Brive-la-Gaillarde.
17h17
Train vers Paris.
21h52
MĂ©tro vers xxxxxx, puis xxxxx pour terminer par la station xxxxx. Un peu de marche Ă pied, quelque obstacles Ă enjamber puis nous entrons dans la âpetite ceintureâ. Il sâagit dâune ancienne ligne de chemin de fer dĂ©safectĂ©e.
22h45
Nous suivons cette voie et nous pĂ©nĂštrons alors dans un tunnel, voilĂ qui nous permet dâenfiler notre combinaison et mettre le casque en toute discrĂ©tion. DĂ©jĂ une rencontre !! un type en treillis avec un joint Ă la bouche et une vieille lampe de mineur est lĂ . Visiblement un habituĂ© des lieux puisque son visage traduit lâinexpression dâaucune surprise.
23h00 - entrée
Nous suivons de loin ce supposĂ© cataphile, sa lumiĂšre nous guide. ArrĂȘtĂ© devant un gigantesque tas de poubelle composĂ© essentiellement de cannette de biĂšre 50cl (base de lâalimentation cataphile), le cataphile envisage de rouler son deuxiĂšme clou de cercueil avant de pĂ©nĂštrer dans les entrailles de Paname.
Nous entrons. Ni large ni Ă©troite, lâentrĂ©e nous amĂšne dans un couloir maçonnĂ© encombrĂ© de dĂ©blais. Difficile de savoir oĂč aller, nous dĂ©ballons le plan. Notre organisation est mĂ©diocre et nous sommes vraiment pas efficace. Nous tĂątonnons pour avancer dans ce qui nous semble ĂȘtre un vĂ©ritable labyrinthe. Enfin des points de repĂšres, les panneaux nous indiquent le nom des rues qui sont aisĂ©ment reportables sur le plan. Câest infaillible pour se repĂ©rer et ça semble ĂȘtre la seule technique valable en ses lieux. Aussi nous voilĂ parti !!!
Une Ă©paisse fumĂ©e arrive sur nous, prĂ©servant le mystĂšre de son contenu. De la musique prĂ©cĂšde deux ou trois groupes de jeunes (18~25 ans) qui chantent et rient. Nous sommes Ă©tonnĂ©s de croiser autant de monde, nous pensions trouver un eldorado de solitude. Nous dĂ©couvrons ce qui constitue lâodeur caractĂ©ristique des catacombes, un composĂ© dâodeurs bien singuliĂšres: urine + chlorate + caramel + pĂ©tard. Câest sensoriellement inoubliable !!
Nous nous empĂȘtrons dans presque 80 cm dâeau suivi dâun ramping dans une galerie basse remplie de sable. Nous comprendrons vite que les raccourcis sont souvent de belles complications, il est prĂ©fĂ©rable de prendre les autoroutes des catacombes (galeries de grandes tailles qui couvrent de grandes distances).
Samedi 19 Juin 2010
Section titled âSamedi 19 Juin 2010â1h00 - 2 heures Ă©coulĂ©es
Nous voilĂ enfin dans une salle, il semblerait que cela soit âla plageâ. Un bon endroit pour se restaurer. Au menu : sandwiches, vin rouge et biĂšre. La biĂšre ne semble pas avoir la mĂȘme saveur, sous terre câest meilleur. Comme dit le proverbe âAu fond câest si bon !!!â. Autour de nous les premiĂšres fresques ont fait leur apparition, de nombreux tags Ă©taient prĂ©sents sur les murs mais sans vĂ©ritable esthĂ©tique. Ici câest diffĂ©rent, il y a une certaine recherche : des visages, des champignons, une grande vague (qui donne son nom Ă la salle), des femmes nues. On peu commencer Ă entrevoir quels sont les prĂ©ocuppations majeures du cataphile au travers des peintures rupestres.
les catacombes câest un lieu de fĂȘte et de rencontre !
Jusque lĂ , nous Ă©tions seuls, mais un groupe arrive et sâinstalle pas loin. Mon pĂšre se fait passer pour un brigadier chef de la police nationale, ce qui au vu de son accoutrement particulier (combi spĂ©lĂ©o) et de son Ăąge assez peu reprĂ©sentatif pouvait comporter une certaine crĂ©dibilitĂ©. Aussi nous leur demandons leur carte dâidentitĂ© (pour une fois que câest Ă nous de la demanderâŠ). Tout Ă©tait sur le point de fonctionner mais les blagues les plus courtes sont les meilleures, nous avouons la supercherie. Rien de telle quâune belle frayeur et quelques calembours pour se faire payer une bonne biĂšre. Nous acceptons lâinvitation et dĂ©cidons de dĂ©placer nos affaires auprĂšs des quelques amĂ©nagements faisant penser Ă table & chaises. De grandes discussions commencent sur le thĂšme des catas : qui vient, pourquoi et Ă quelle frĂ©quence ? Apparemment autour de nous il nây a que des habituĂ©s, ils le sont depuis peu mais habituĂ©s tout de mĂȘme. Un couple de cataphile plus avisĂ© vient se joindre Ă nous. Lâoccasion pour nous dâassouvir notre soif de curiositĂ©. Dâailleurs TĂ©lĂ©bocal est descendu pour assouvir celle de leurs tĂ©lĂ©spectateurs. Bien Ă©videmment GĂ©rard (mon pĂšre et co-Ă©quipier dâaventure) est interviewĂ© !!!
TĂ©lĂ©bocal âDescente dans les catacombesâ
2h00 - 3 heures écoulées
Les groupes âmigrentâ, nous profitons du moment pour bouger aussi. Nous suivons Jean, cataphile averti qui nous amĂšne au nord du Grand rĂ©seau sud prĂšs du bunker au lieu dit lââanchlussâ. Cet endroit nous permettrait de dormir confortablement. LĂ il nây a pas Ă rĂ©flechir, il faut suivre, et viteâŠ
Le cellier
Nous faisons une visite accĂ©lĂ©rĂ©e du cellier puis du cabinet minĂ©ralogique oĂč un type complĂštement saoĂ»l tapait partout avec un matraque parce que quelquâun lui avait dĂ©robĂ© sa lampe.
Encore le cellier
Un coté un peu lugubre
Puis nous contemplerons la galerie des promos. Câest une galerie ornĂ©e de fresques Ă©normes faites par les promos successives de lâĂ©cole des mines qui avait il y a quelques annĂ©es un accĂšs direct aux catacombes. Nous dĂ©couvrirons avec amusement une librairie des plus sommaires.
Notre visite continue dans la Rue Saint-Jacques par la prĂ©sentations des diffĂ©rentes âplaquesâ qui ornent les murs. Les dates de confortation (1777 la plus ancienne est dans cette partie du rĂ©seau) et leur numĂ©rotation nous seront expliquĂ©es, et les petites histoires qui en dĂ©coulent nous serons contĂ©es par notre guide.
Nous croisons un cataphile qui prĂ©tend avoir trouvĂ© une plaque de lâIGC (inspection gĂ©nĂ©rale des carriĂšres) datĂ©e de 1684. Aussi, nous le suivons avec bien peu dâespoir, en effet il est impossible de trouver une plaque de lâIGC antĂ©rieure mĂȘme Ă sa crĂ©ation. Nous voyons bien que la plaque comporte lâindication 1684 mais elle semble avoir Ă©tĂ© un peu plus maladroitement scultĂ©e que les autres⊠Nous apprendrons que lâIGC a Ă©tĂ© crĂ©e en 1777 pour veiller Ă la santĂ© des sous sols parisiens dans les carriĂšres. LâIGC doit assurer la consolidation des carriĂšres, la surveillance des fontis et lâamĂ©nagement du sous sol. Le dĂ©placement des ossements des cimetiĂšres Ă lâintĂ©rieur des carriĂšres de paris fera parti des nombreuses tĂąches entreprises par lâIGC.
Puis nous passons devant une entrĂ©e du Val-de-GrĂące, ensuite nous verrons la stĂšle dĂ©diĂ©e Ă Philibert Aspairt et qui porte lâinscription « Ă la mĂ©moire de Philibert Aspairt perdu dans cette carriĂšre le III (3) Novbre MDCCXCIII (1793) retrouvĂ© onze ans aprĂšs et inhumĂ© en la mĂȘme place le XXX (30) Avril MDCCCIV (1804) ». Portier du Val-de-GrĂące dans les annĂ©es troubles de la RĂ©volution française, son corps est retrouvĂ© 11 ans plus tard dans les catacombes. Certains imaginent quâil sâĂ©tait lancĂ© Ă la recherche des caves du couvent des Chartreux. De nombreuses lĂ©gendes orbitent autour de cette histoire, ce petit folklore local occupera notre imagination durant la nuit.
Visages scultés dans la masse
Eclairage bien commode
Nous voilĂ prĂšs du bunker sous le lycĂ©e Montaigne. Lââanchlussâ se trouve prĂšs dâici, Ă cĂŽtĂ© de la rue des pĂ©piniĂšres du Luxembourg. En revanche, nous nâavons aucune idĂ©e du chemin que nous avons empruntĂ© pour atterrir jusquâici.
Puit dans lâAnschluss
3h00 - 4 heures écoulées
Jean insiste pour nous emmener encore quelque part mais nous sommes fatigués. Levés depuis hier 6h, la nuit a été particuliÚrement longue. Aussi nous parlons encore un peu et échangeons nos coordonnées. Il nous communique des informations supplémentaires telles que des lieux remarquables et la situation des sorties. Jean part ensuite vers une sortie du réseau pendant que nous installons notre campement.
Le calme aura Ă©tĂ© de courte durĂ©e, nous sommes dĂ©jĂ dĂ©rangĂ©s par un groupe de jeunes pas vraiment Ă jeĂ»n. Il nous est impossible de dormir, nous profitons alors de lâoccasion pour manger Ă nouveau avant de nous coucher.
4h00 - 5 heures écoulées
Le marchand de sable passeâŠ
11h00 - 12 heures écoulées
Fontaine des Chartreux
Escalier bouché remontant à la surface
porte du Bunker allemand sous le lycée Montaigne
Du monde est peut-ĂȘtre passĂ© dans la nuit, mais nous ne nous sommes pas rĂ©veillĂ©s. Un couple de cataphile trentenaire (Ăąge plutĂŽt avancĂ© dans les catacombes a contrario de la spĂ©lĂ©o) dĂ©barque peu aprĂšs notre rĂ©veil.
Tract donnĂ© par le couple a lâanschluss
Visiblement ils ne fument pas que des gauloises natures. Nous en profitons pour discuter un peu. Nos interlocuteurs nous cataloguent illico comme spéléo. AprÚs leur départ, nous levons le camp en direction du bunker allemand.
Il était interdit de fumer dans le bunker
Lâinstallation Ă©lectrique a besoin de rĂ©vision
Les toilettes ?
Nous passons dâabord devant la fontaine des chartreuses, puis nous bifurquons vers lâabri pharmacie. Une lourde porte blindĂ©e nous sĂ©pare de ce vestige.
On dirait bienâŠun cataphile
A part quelques inscriptions en langue allemande sur les murs et des vieilleries qualifiĂ©es de âchiottes bochsâ, il nây a rien de rĂ©ellement transcendant sur la plan strictement historique. Au dĂ©tour de ces couloirs, nous pouvons tout de mĂȘme observer de belles fresques.
Superbe tag
Des fresques
Fresques trĂšs anciennes
Sur le trajet, nous traversons des chatiĂšres. Ce sont des passages Ă©troits ouverts par les cataphiles pour contourner les murs dressĂ©s par lâIGC qui avaient pour but dâĂ©viter la surfrĂ©quentation en isolant certaines parties du rĂ©seau.
Belles maçonneries
Nous constatons quâil y a de nombreux essais de dĂ©blaiement ou de creusement pour joindre entre elles de nouvelles parties de rĂ©seau ou dâanciennes qui auraient Ă©tĂ© antĂ©rieurement condamnĂ©es. La majoritĂ© de ces travaux clandestins nâest pas encore cartographiĂ©e sur notre plan.
Voici un ordre dâidĂ©e de notre vision avec notre Ă©clairage
Val-de-GrĂące
Nous dĂ©cidons de revenir un peu au sud pour visiter le VDG et la salle Z. En dĂ©ambulant dans la rue Feuillantine, nous dĂ©couvrons Ă notre droite un passage en chatiĂšre non indiquĂ© sur notre plan. En toute logique cela ne pouvait mener quâau Val-de-GrĂące, alors nous nous y engageons. Celle-ci sâentend sur environ 15 m et aboutit comme nous lâavions escomptĂ©.
La salle de la musique
14h00 - 15 heures écoulées
Corps Blanc
Une petite pause repas, cela ne fait pas de mal et allĂšge un peu nos sacs qui ne sont pas si lĂ©gers que cela !! La suite semble labyrinthique et il nây a pas de panneau pour sâorienter : le top pour se perdre. Nous dĂ©barquons dans la salle de la musique qui revĂȘt un aspect surĂ©aliste. En toute logique, notre pĂ©riple sâenchaĂźne sur la dĂ©couverte de la salle Z. AprĂšs sâĂȘtre perdus durant 25 minutes, nous dĂ©cidons de suivre les milliers de tags sur les murs pour sâorienter. Plusieurs tags indiquant clairement la direction de la salle Z convergent. Nous dĂ©cideons de suivre cette piste⊠Quelques minutes plus tard nous entrons dans un grand volume parsemĂ© de piliers, la salle Z nous tend les bras.
Salle Z
De nombreuses fresques dâune qualitĂ© indiscutable ornent les piliers. Nous trouvons une zone betonnĂ©e et renforcĂ©e par de lâacier qui a Ă©tĂ© dĂ©sobĂ©e sur plusieurs mĂštres : câest impressionnant comme les cataphiles sont efficaces !! La sortie ne semble tout aussi pas Ă©vidente Ă trouver que lâentrĂ©e. Nous tournons en rond mais nous finirons par trouver celle-ci. Des pierres retirĂ©es du mur dans un escalier en colimaçon laissent apparaĂźtre une chatiĂšre dans laquelle nous rampons.
Toujours la salle Z
16h00 - 17 heures écoulées
Nous regagnons ainsi la rue Saint-Jacques par la rue des Ursulines puis nous empruntons le boulevard Montparnasse. Plein de vestiges des PTT jonchent les recoins de ce boulevard, dâanciens autocommutateurs rouillĂ©s, des chemins de cĂąbles videsâŠet une odeur pestillantielle. Assez rapidement nous arrivons prĂšs des premiers ossuaires. Aussi nous nous dirigeons vers le carrefour des morts. La disposition des rues qui compose ce carrefour mâa intriguĂ© au premier coup dâoeil sur le plan.
Catalampe de compétition
Nous nous glissons dans une chatiĂšre pour entrevoir les ossements du carrefour des morts. Il nây a aucun crĂąne car ceux-ci ont probablement Ă©tĂ© volĂ©s, il reste uniquement tibias, fĂ©murs et cubitus.
Lâossuaire du carrefour des morts
Nous profitons de la proximitĂ© des escaliers menant au deuxiĂšme niveau des catacombes pour y faire un tour. Nous descendons ces escaliers taillĂ©s dans la masse pour entrer dans le niveau 2 dont la stabilitĂ© semble discutable. Contrairement Ă ce que nous avons pu constater jusquâalors, de nombreuses zones sont Ă©boulĂ©es ou Ă©bouleuses et les contraintes sur les voĂ»tes semblent trop importantes.
18h00 - 19 heures écoulées
Il est temps de rebrousser chemin. Nous avons lâhabitude de progresser dans les catacombes mais avons encore du mal Ă estimer correctement le temps quâil nous faut pour rejoindre une autre partie du rĂ©seau. AprĂšs mures concertations, il parait tout Ă fait avisĂ© de retourner Ă lââanchlussâ qui a fait ces preuve en terme dâagrĂ©ement. Nous choisissons un itinĂ©raire un peu diffĂ©rent pour voir de nouveaux lieux et aussi pour ne pas rĂ©emprunter le pestillantiel boulevard Montparnasse. Au carrefour de la rue de lâouest cotĂ© nord et de la transversale nous trouvons une chatiĂšre non portĂ©e sur le plan. Au vu de ce quâil y devrait y avoir quelques mĂštres derriĂšre ce mur, nous pensons que celle-ci mĂšne directement Ă lââAnschlussâ. Effectivement cette chatiĂšre relativement plus longue quâĂ lâaccoutumĂ©e nous fera economiser de prĂ©cieuses minutes.
19h00 - 20 heures écoulées
ArrivĂ©s au camps, nous devons rĂ©cupĂ©rer le sommeil manquant de la nuit derniĂšre qui fut relativement mouvementĂ©e. Aussi nous pensons que la frĂ©quentation de la partie sud du rĂ©seau sera Ă son apogĂ©e entre 22h et 4h du matin avec un risque de âdescente accrueâ durant cette pĂ©riode. Il nous apparait donc logique de dormir de 22h Ă 4h du matin, puis de se lever pour effectuer la visite et les photos des zones surfrĂ©quentĂ©es aux heures creuses. On nous avait signalĂ© que le puits de 20 m prĂ©sent dans la salle de lââanschlussâ Ă©tait situĂ© sous les jardins de la fac de pharmacie sous 3m de terre. Petite chose insolite, le tĂ©lĂ©phone portable capte en dessous de la plaque qui termine ce puits, jâen ai donc profitĂ© pour donner des nouvelles Ă nos femmes !!!! Nous procĂ©dons Ă la dĂ©gustation dâun repas Ă©clairĂ© Ă la bougie puis nous installons notre campement en laissant sĂ©cher nos combinaisons et autres vĂȘtements.
21h00 - 22 heures écoulées
Nous sommes allongĂ©s dans notre duvet dans le noir absolu mais nous avons de grosses difficultĂ©s Ă fermer lâoeil. âIl est assez peu probable que quelquâun vienne nous ennuyer Ă cette heure, alors il faut en profiter pour dormirâ me dis-je.
22h00 - 23 heures écoulées
Le sommeil arriveâŠ
Dimanche 20 Juin 2010
Section titled âDimanche 20 Juin 2010â00h00 - 25 heures Ă©coulĂ©es
Deux personnes dĂ©barquent sans bruit, et viennent sâinstaller pour dormir.
02h00 - 27 heures écoulées
Départ de nos invités surprises.
04h00 - 29 heures écoulées
Reveil dans lâanschluss
Câest lâheure du lever, ce coups-ci, câest un groupe bruyant qui se pointe 2 minutes Ă peine avant que ma montre ne sonne. On avait vu juste !! Maintenant : direction le sud du rĂ©seau pour commencer la sĂ©ance photo. Nous rejoignons la rue Saint-Jacques pour immortaliser ces belles fresques que nous nâavions quâĂ peine entrevues le premier jour dans la galerie des promos.
Galerie des promos
En marchant, nous distinguons une flaque de sang au sol, humain ou animal ? quelquâun sâest blessĂ© : on ne le saura jamais ?? On est au beau milieu de saint-Jacques mais pas moyen de trouver la galerie. Nous recroisons le jeune cata âde la plaque 1684â qui nous explique oĂč la trouver sur le plan. Nous la trouvons rapidement, mais il est difficile de faire des clichĂ©s car la galerie est Ă©troite et les fresques assez vastes, un grand angle aurait Ă©tĂ© le bienvenu.
Fresque de la galerie de promo (1996)
Fresque de la galerie de promo (1995)
**Enki Bilal **
06h00 - 31 heures écoulées
Câest la course contre la montre car nous ne devons pas louper le train sous aucun prĂ©texte !! Nous recroisons le jeune cata au dĂ©tour dâun virage et Ă©changeons ce coups-ci quelques mots. Il nous invite alors dans une salle que lui et ses amis ont amĂ©nagĂ©e sous terre. Deux cataphiles sont dĂ©jĂ lĂ , et nous entrons en grande conversation. Nous leur prĂ©sentons nos motivations, ils nous expliquent les leurs. Le courant passe, nous restons quelques minutes et leur offrons de la nourriture puis nous Ă©changeons nos coordonnĂ©es. Il est temps pour nous de repartirâŠ
07h00 - 32 heures écoulées
Cordonnerie des catas
Nous empruntons la rue dâOrlĂ©ans pour nous rendre Ă la salle des huĂźtres. En chemin vers celle-ci, nous dĂ©couvrons une cordonnerie : enfin cela semblait tout du moins en avoir le nom. Nous trouvons facilement la chatiĂšre de la salle des huĂźtres et procĂ©dons Ă une visite en quatriĂšme vitesse. Maintenant nous partons vers le cellier et nous nâavons pas de temps Ă perdre. En le parcourant de facon plus exhaustive, nous dĂ©couvrons des tags assez esthĂ©tiques !! En rampant dans la deuxiĂšme chatiĂšre du cellier, je trouve au sol un tĂ©lĂ©phone portable allumĂ©..
Salle des huitres
Fresque dans le Cellier
Notre progression frénétique nous amÚne à la salle Marie-Rose.
**Encore un message **
08h00 - 33 heures écoulées
Nous terminons par la plage oĂč nous rĂ©alisons une grosse scĂ©ance photo pour capturer les fresques et les reproductions de toiles de maĂźtres.
Reproduction de toiles de maĂźtres
Encore des reproductions
Des oeuvres âoriginalesâ
Nous avions initialement prévu de sortir vers 10~11h mais nous avons beaucoup trop accéléré le mouvement !!
Superbe fresque autour de la voute
Quoiquâest ce ?
Vu dâensemble de la salle dite âLa plageâ
Au final, nous nâavons pas assez de temps pour faire quelque chose de valable et trop pour sortir tout de suite.
âLa grand Vagueâ de Hokusai
Fresques hypnotiques
TĂȘte de mort
Nous surestimons toujours le temps de dĂ©placement et nous ne pouvons nous permettre de louper le train. Alors nous dĂ©cidons dâun commun accord de sortir.
TrĂšs belle composition
Dieu seul sait ce que câest ?!
09h00 - 34 heures écoulées
Câest dĂ©jĂ la sortie et pourtant on a pris notre temps !
Entrée PC 2002 des catas GRS
Nous marchons prudemment sur la voie ferrĂ©e car nous connaissons le tarif si la ferroviĂšre nous attrape : 130 euros dâamende, 35 euros par les cataflics si câest dans les catacombes. Peu avant la sortie du tunnel, nous rĂ©intĂ©grons des habits plus âcivilisĂ©sâ (sans combi ça aideâŠ).
DĂ©potoire autour de lâentrĂ©e
9h30
Trajet sans histoire dans le métro.
10h15
Nous sommes à la gare sur une terrasse à siroter une biÚre (pour changer), et nous contactons la personne qui a oublié son portable dans les catacombes. Nous lui donnons rendez vous à la terrasse et, trÚs content de retrouver son bien, il nous offre nos consommations.
12h51
Retour dans nos campagnesâŠ
Conclusion
Section titled âConclusionâA contrario des sous-sols de Rome, il nây a pas stricto sensu de catacombes au dessous de paris car les ossements ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s a posteriori dans des carriĂšres dĂ©jĂ prĂ©sentes depuis nombre dâannĂ©es : parlons plutĂŽt de carriĂšres comportant des ossuaires. Ce fĂ»t un sĂ©jour intĂ©ressant mais relativement court, peut ĂȘtre 12h supplĂ©mentaires nous auraient permis de faire une visite plus exhaustive du rĂ©seau. Par ailleurs dâautres carriĂšres dans dâautres arrondissements prĂ©sentent des caractĂ©ristiques un peu diffĂ©rentes avec peut-ĂȘtre un poil moins de frĂ©quentation. Les cataphiles se sont rĂ©vĂ©lĂ©s particuliĂšrement communicatifs et trĂšs sympathiques, il faut garder Ă lâesprit que la plupart des vrais cataphiles sont garant de la conservation des lieux, ce sont les fĂȘtard souterrains et les taggeurs furieux qui dĂ©naturent le site !!! Il y a aura probablement une prochaine visite dans dâautres carriĂšres. Il existe des catacombes Ă Rome (600km) et des carriĂšres gĂ©antes Ă Odessa (3000km). A suivreâŠ
Glossaire
Section titled âGlossaireâ2 Novembre 1955 : Date oĂč lâon promulgue lâarrĂȘtĂ© interdisant lâaccĂšs aux carriĂšres de paris.
*ARRĂTĂ DU 2 NOV. 1955 - PRĂFECTURE DE LA SEINE
Art1: il est interdit Ă toute personne non munie dâune autorisation Ă©manant de lâInspection GĂ©nĂ©rale des CarriĂšres de la Seine dâouvrir les portes et trappes dâaccĂšs aux escaliers et puits Ă Ă©chelons ou autres des anciennes carriĂšres, de descendre dans ces ouvrages, de pĂ©nĂ©trer et de circuler dans les vides des anciennes carriĂšres sâĂ©tendant sous lâemprise des voies publiques de la Ville de Paris.
Art2: les contraventions au prĂ©sent arrĂȘtĂ© seront constatĂ©es par P.V. des commissaires de police et autres officiers de police judiciaire et des agents de lâIGC ayant qualitĂ© pour verbaliser. Elles seront dĂ©fĂ©rĂ©es aux tribunaux compĂ©tents.
Art3: Le Directeur de la Police Municipale et lâIngĂ©nieur GĂ©nĂ©ral des Mines, Inspecteur GĂ©nĂ©ral des carriĂšres de la Seine sont chargĂ©s de lâexĂ©cution du prĂ©sent arrĂȘtĂ© qui sera insĂ©rĂ© au recueil des Actes Administratifs et affichĂ© dans Paris.
Fait Ă Paris le 2 novembre 1955.
Le Préfet de Police: signé Dubois. *
Anschluss: DĂ©signe une salle amĂ©nagĂ©e par les cataphiles pour y dormir. Son nom a Ă©tĂ© certainement lâhĂ©ritage de la proximitĂ© du bunker allemand sous le lycĂ©e Montaigne.
Catacombes : Abus de langage relatif aux carriĂšres de Paris.
Cataflics : brigade sportive spécialisée dans les interventions souterraines. 300 personnes par an sont en moyenne verbalisées à hauteur de 35 euros et raccompagnées à la sortie des carriÚres.
Catalampe : Lampe fabriquĂ©e âmaisonâ par les cataphiles avec une cannette de biĂšre et une bougie.
Cataphile : Amateur de visites clandestines des anciennes carriĂšres souterraines de Paris ou catas.
Cataphilie : ActivitĂ© du cataphile, branche de lâexploration urbaine.
catas : Diminutif de catacombes.
Corps blanc : Au dĂ©tour dâune galerie, il arrive parfois dans le GRS, de croiser de mystĂ©rieuses silhouettes blanches peintes sur les parois. Ces âombresâ blanches sont lâoeuvre de lâartiste JĂ©rĂŽme Mesnager.
Exploration Urbaine : DĂ©signe le fait de recueillir des donnĂ©es sur des zones publiques du paysage urbain, dĂ©laissĂ©es tout ou partie du temps, en vue dây accĂ©der et de les utiliser. La cataphilie est donc une pratique de lâexploration urbaine.
FC : Frotte Connard, mouvement de taggeurs extrĂ©mistes qui provoquent les âconservateursâ en dessinant les initiales FC partout dans le rĂ©seau.
Frotte Connard
GRS : Grand Réseau Sud, le réseau de carriÚres le plus important de Paris (avant celui du XIIIÚme).
Katastar : Personnage illustre dans lâhistoire des carriĂšres de paris.
Kta : En réfÚre au monde des cataphiles.
IGC : Inspection générale des carriÚres.
Ossuaire : Récipient, construction ou tout autre site destiné à accueillir des ossements humains.
Philibert Aspairt: DâaprĂšs la lĂ©gende il sâagit de lâhomme qui est mort une nuit de 1793 en allant explorer les catacombes Ă la recherche du trĂ©sor des chartreux quâil nâa jamais trouvĂ©. Une vĂ©ritable katastar Ă titre postume.
Saratte : Jean-Claude Saratte, ancien spĂ©lĂ©o, inspecteur divisionnaire qui Ă©tait chargĂ© de la surveillance des carriĂšres de Paris jusquâen 2000 ou il prend sa retraite (Equipe de recherche et dâintervention en carriĂšres). «Papa Saratte» a servi durant 21 annĂ©es en ayant une certaine comprĂ©hension vis-Ă -vis des cataphiles, il sâĂ©lĂ©ve ainsi au rang de katastar.
Tracts : Comme une tradition, ce petit morceau de papier dessinĂ© ou reprographiĂ© est laissĂ© par les visiteurs des catacombes. Vecteur de communication, il vĂ©hicule de lâhumour, des revendications, ou informe dâune manifestation.
Tract Kata
Tract Kata
Urbex : voir Exploration Urbaine.
VDG : Diminutif de Val-de-GrĂące, rĂ©seau de galeries sous lâhopital du Val-de-GrĂące.
Vidéos
Section titled âVidĂ©osâFermeture des catacombes
Le Mag
** La faune des sous-sols de paris**
Catacombes, Dans les entrailles de Paris
Montsouris
Le sauveur
Abri Lefebvre
DerniĂšre descente de JC Saratte
Des racines et des ailes
Mexicaine Trocadero
Nettoyage cata
Petit tour dans le GRS via bobillot
Cataflic Santé - JC Saratte
Reportage IGC
Cata sous Prison de la Santé
Sous terre avec les cataflics
Cataflics
Cataflics patrouille sous la ville
Soirée Catacombes
les kta
- Les photos ont Ă©tĂ© prises avec un reflex numĂ©rique âpentax k200dâ et un vieil objectif Ă focale fixe âsmc-m pentax 28mmâ ouvrant Ă F2.8.
Le 2010-07-09
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